Carnet de memoire
Posté le 10.04.2007 par sof17
Cookies
On l’a eu il avait deux mois et demi
Il avait un nom original, Cookies
Il a fait beaucoup de bêtises étant petit
Il creusait des trous en suivant les galeries
Il chassait les taupes et les mulots
Il attrapait au vol des oiseaux
Il aimait bien les lapins du voisin
Et la volaille qu’il trouvait sur son chemin
La maison familiale est en deuil ce matin
Le vieux compagnon est mort dans le jardin
Pendant 11 ans il a fait office de gardien
C’était un chien racé un Husky Sibérien
C’était le chien fidèle des enfants
Adulte il était massif et puissant
Sa particularité des yeux vairon
Il avait un œil bleu et un marron
Son corps décharné n’était plus musclé
Du train arrière il était tout ankylosé
Ses rhumatismes le faisaient souffrir
Sa retraite il l’a passait à dormir
Depuis hier de douleur il gémissait
Un drôle de cri déchirant, il pleurait
Savait-il que ses dernières heures arrivaient
Pour le soulager des calmants on lui donnait
Devant la mort il s’est retrouvé seul
Il repose en paix enveloppé dans un linceul
Il est enterré dans un carré de jardin
Le vieux Sibérien est au Paradis des chiens.
--
Posté le 09.04.2007 par sof17
En 1852, le bagne de Rochefort est fermé et remplacé par celui de Cayenne, dit l'enfer vert.
Le Bagne de Rochefort
Créé par Colbert, le bagne de Rochefort était
L’un des plus terribles en France
En cause les conditions de détention
Mais aussi ce climat insalubre
Rochefort était entouré par les marécages.
Gorgés de miasmes où pullulaient les moustiques
Qui rendait la vie insupportable
Et régulièrement la population
Était en proie à une sorte de malaria endémique
Faisant de multiple victimes de la fièvre des marais.
Les condamnés arrivaient de toute la France
Par convois de 200 à 300 pauvres misérables
Voyageant à pied, les uns aux autres enchaînés
Les gens étaient friands de ce spectacle lugubre
Que constituaient ces forçats en sabots et en tenue
Rayée, les joues creuses et les yeux battus
Traversant les bourgades et les villages.
Pour tenter d’acheter leur liberté
Ils se portaient volontaires sur les chantiers
Pour faire sauter à coups de hache l’ultime cale des bateaux
Bien peu réussissaient, ils étaient écrasés
Par le navire qui glissait inéluctablement vers les eaux.
Posté le 23.03.2007 par sof17
Le commerce triangulaire
Aussi, de sinistre mémoire les profits de la traite des noirs marque la cité. Aujourd'hui les amateurs de vieilles pierres s'extasient devant les hôtels particuliers des riches négociants négriers de la vieille ville. Un détour par le Musée du Nouveau Monde s'impose ne serait-ce que par devoir de mémoire.
L’essor de la traite négrière
Fut lié à la mise en valeur des Antilles
Où les plantations sucrières
Nécessitaient une main-d’œuvre de pacotille.
Y étaient installés comme planteurs
Et courtiers des représentants
Des plus notables familles d’armateurs
Pour la plus part protestants.
La Rochelle arma 349 navires négriers
Une soixantaine de maisons d’armateurs
Pratiquaient la traite et les investisseurs
Engageaient des fortunes en raison des capitaux exigés.
Ces femmes et hommes noirs étaient capturés
Et partaient de l’île de Gorée
Au Sénégal vers les îles d’Amérique
Saint Domingue, la Guadeloupe et la Martinique
Contre des marchandises, les noirs étaient échangés
Et aux îles Caraïbes, comme esclaves étaient monnayés
Au retour sur les quais, les navires étaient déchargés
De denrées exotiques, cacao, vanille, épices, sucre et café.
Posté le 18.03.2007 par sof17
La colonne des pélerins, bannières au vent, passe sur la plage et le chant du rosaire vient troubler la tranquilité des mouettes... Chacun ramassera un galet qu'il posera, après avoir fait le tour de l'île, à la Croix aux Galets.
Les Prêtres-Martyrs
Le pèlerinage sur l’île Madame
Survit encore aujourd’hui
Jadis, en face de ces îlots impies
Des Martyrs ont vu l’agonie
Les pauvres âmes
Des prêtres réfractaires
Déportés par les révolutionnaires
Errent toujours dans la nuit.
Posté le 16.02.2007 par sof17
[J'ai affiché ce texte à côté du panneau "interdiction de fumer" dans la salle de repos près de la machine à café. Mes collègues fumeurs enfoncent au plus profond de leurs poches ce paquet de tabac accusateur et les yeux rougis pensent qu'ils devraient cesser de fumer.]
Kiki, tu es parti
La fumée t’a tué
En ce mois de février
Une loi est placardée
Contre les fumeurs
Toujours le sourire tu avais
"Mon rayon de soleil" tu m’appelais
Au mois d’août tu as pris tes congés
Tu n’es jamais revenu dans la société
Tu es parti
La fumée t’as tué
Le cancer des poumons
Ils ont diagnostiqué
Le crabe t’a bouffé
Tu es mort étouffé
Lorsque ta femme a téléphoné
Annonçant que tu étais décédé
Les larmes me sont montées
Et j’ai pleuré
Tu es parti
La fumée t’as tué
Sur le tableau du personnel
Du parc acier tu étais le chauffeur
Dans le fichier Excel
J’ai ton nom supprimé
Dans ton camion on a retiré
La plaque d’immatriculation
Où était inscrit ton nom
Même le porte-fer ton camion
A la ferraille il a terminé
Tu es parti
La fumée t’as tué
Tu étais toujours enjoué
Et pour faire une pirouette
A cette maudite cigarette
Tu as décidé de partir en fumée.
**************
A leur mémoire,
Christian, chauffeur, pêcheur, fumeur
décédé à 51 ans, le 27 septembre 2006
Stéphane, préparateur, chasseur, fumeur
décédé à 47 ans, le 9 octobre 2006